LES SEANCES DE 2018

 

Les séances sont publiques et ont lieu généralement le premier lundi de chaque mois sauf au durant l'été. Elles se tiennent à la Maison de la culture de Montauban. La séance solennelle se déroule au théâtre Olympe de Gouges de Montauban, le 2ème dimanche de décembre.

Vous trouverez dans cette page les comptes-rendus de ces séances, par ordre chronologique inversé.

 Miller Deltheil

  Henry Miller et Joseph Delteil                                                   

Joseph Delteil (1894-1978), un mouton à cinq pattes ",

 par Mme Geneviève André-Acquier, membre titulaire et ancienne présidente,

séance du 1er octobre 2018          

              La conférence de rentrée de l’Académie portait sur "Joseph Delteil (1894-1978), un mouton à cinq pattes ", présentée par Mme Geneviève André-Acquier, membre titulaire et ancienne présidente. Venu de son petit village occitan (Grabels, aux portes de Montpellier), l’écrivain a fait, dans les années 1920, sensation à Paris, capitale des écrivains et des artistes. Un jour, et définitivement, il rentre dans ses Corbières natales qu’il ne quittera plus. Une trajectoire pleine d’enseignements sur les gloires littéraires, sur l’art de construire une œuvre (de 1922 à 1976)… et une vie.

            Joseph Delteil a appartenu, selon la formule de Joë Bousquet, au « génie d’Oc ». C’est vrai, l’écrivain a vécu pendant plus de quarante ans dans une solitude choisie, au milieu des vignes de la région montpelliéraine. En 1963, il écrit La Delteilherie où il revient sur son passé et sur cette fureur d’écrire qu’il avait contractés à Paris, vrai bouillon de culture, là-même où il avait été primé (Académie Française, prix Femina). Ne représentait il pas également dans la capitale la fameuse blanquette de Limoux, disant à qui voulait l’entendre : « Je préfère faire du commerce que de la littérature commerciale » ? Et la conférence de préciser cependant: « C’est à Paris, dans ce creuset de renouveau des arts, qu’il reçut l’impulsion nécessaire pour libérer son langage et déployer sa pensée ».

 


 

            Joseph Delteil quitte Paris en 1932. Il descend dans le midi avec Caroline Dudley, belle Américaine, que tout sépare : le continent, la religion, la classe sociale. Avec elle à ses côtés, il exercera le noble métier de vigneron, se fixant en 1937 à Grabels (propriété viticole de La Tuilerie à "Massane"). C’est pour Delteil le retour aux sources familiales, heureux qu’il est de retrouver une manière de vivre au naturel.

            A Paris, Delteil était l’ami des peintres (Chagall, Picasso, Fernand Léger, Dubuffet), avouant : « Si je savais peindre, jamais, au grand jamais, je n’aurais écrit » ! Il aimait aussi rencontrer Robert et Sonia Delaunay, qu’il considérait être de sa famille. A La Tuilerie, il fait l’heureuse connaissance de Pierre Soulages, le peintre « qui fait jaillir la lumière du noir pur ». Et les "littéraires" ne sont pas très loin, tels André de Richaud, François Cariès, l’éditeur Robert Morel, le comédien Jean-Claude Drouot, le cinéaste-poète Jean-Marie Drot, enfin et surtout l’Américain Henri Miller, entretenant avec les deux derniers des relations privilégiées. Au-delà de leurs différences, ce qui les unit « c’est la préoccupation du devenir du monde, la revendication d’une morale qui a son assise sur les sens, tous les sens, les cinq sens ». En 1947, Delteil écrit Jésus II, récit d’un fou échappé de l’asile qui entreprend de réveiller l’âme des humains…

            Ce sera seulement en 1960 que l’écrivain publie son François d’Assise où il pose la question du lieu (la Terre) et de la formule (l’ordre que le religieux italien appelle Fraternité) : admirable ouvrage pour les questions que se pose l’homme du XXe siècle face aux guerres et en perte de repère idéologique. François d’Assise n’était-il pas, au XIIIe siècle, celui qui découvrait le sens (celui du sacré) et le montrait ? Henri Miller, depuis les Etats-Unis, ne pourra qu’"applaudir" à cette œuvre, lui écrivant : « Je vous ai lu les larmes aux yeux ». Par la suite, Delteil publiera sa Cuisine paléolithique (1964), un récit autobiographique : La Delteilherie (1968), enfin un florilège de pensées sous le titre Alphabet (1973).

            Et Geneviève André-Acquier de bien préciser : « Non, il n’y a pas deux Delteil, celui de Paris qui serait l’écrivain reconnu et celui de La Tuilerie qui serait un auteur fini ». Il est vrai qu’à Paris il avait rencontré des auteurs prestigieux ayant eu une influence sur son œuvre comme Mac Orlan et Aragon. Sur le Fleuve Amour (1922) et Choléra (1923) sont des textes narratifs possédant un sens comique étonnant et une grande liberté de ton, au point de faire dire à Drieu La Rochelle : « Chauves, lisez ‘Choléra’, vos cheveux repousseront ».

            Et puis, en 1924, sort Cinq sens, au style séduisant et enlevé, œuvre suivie l’année suivante par Jeanne d’Arc, récit considéré comme une provocation, une atteinte grave à l’image de la sainte. Delteil est dans l’obligation de répliquer : « Lorsque je dis Dieu, je prie les incroyants de remplacer ce mot par un autre, Pan, Être suprême, Grand Tout, etc. ». Jeanne d’Arc obtiendra in fine un beau succès car Delteil, dans sa vision, aura situé l’humain entre terre et ciel. Puis viendra l’écriture de récits sur des personnages historiques : La Fayette (1928), Don Juan (1930), Henri IV le Vert galant (1931).

            A l’âge de quarante ans, Delteil avait donc quitté Paris pour mettre le cap vers le Sud. « Il lui faut un petit coin de pays qui, dit-il, sent la mère, l’âme, la peau ». Son nouveau départ, c’est sur la terre de ses origines qu’il le vivra. Là, il retrouve et parle le patois (mot qu’il préfère à « occitan »), alors qu’il avait appris au collège le français, comme une langue étrangère. Alors Delteil, un mouton à cinq pattes ? Dans La Delteilherie, l’écrivain n’avait-il pas écrit ces vers "magiques" :

« Je suis un révolutionnaire
Comme un mouton à cinq pattes
Qui rêve à quatre pattes
Comme une truite de vivier
Qui en appelle au torrent. ».

            Le président, Jean-Luc Nespoulous, concluait alors cette brillante conférence en remerciant la conférencière pour son exposé plein de finesse et empreint d’une émotion non feinte. Angliciste de formation initiale, le président soulignait alors le caractère « inclassable » des deux amis Henri Miller et Joseph Delteil. S’agissant du premier, en marge du système comme le second, aucun genre littéraire ne pouvait qualifier son œuvre. Une différence toutefois, Joseph Delteil avait connu le succès précocement alors que tel n’avait pas été le cas d’Henry Miller qui, à 43 ans ( !), publie, à Paris, Tropique du cancer (1934), un premier ouvrage (et non le dernier) condamné pour obscénité aux U.S.A. Sa gloire vint, bien que parfois indirectement, avec ceux que l’on peut, hors de tout doute, qualifier de ses héritiers en littérature : les écrivains de la "beat generation", Jack Kerouac et William Burroughs en particulier. 1968 est passé par là… Henry Miller avait alors 77 ans.

            Si Paris sauva Miller, Delteil le fuit pour retrouver le « pays natal »
 Ainsi va la vie des hommes … sur la route…et, parmi eux, souvent, celle des écrivains et autres artistes…

            Et le Président, pour terminer, de citer quelques phrases, sybillines ( ?), de Joseph Delteil :
            « Les Don juan sont toujours jansénistes. »
            « Les commandements de Dieu s’inscrivent aussi dans le ramage des rossignols. » 
            « La phrase de Flaubert est une belle automobile en panne. »
            « Je ne mens jamais parce que c’est trop difficile. »

 

Portrait Pt Biblioth 2

Mensonges, calomnies, faits alternatifs : Voltaire contre Le Franc de Pompignan

par Théodore E.D. Braun,  membre correspondant, séance du 4 juin 2018

 

            Le lundi 4 juin, l’Académie de Montauban avait décentralisé sa séance en un lieu prestigieux, le château de Pompignan. Le président Jean-Luc Nespoulous avait, pour l’occasion, le grand honneur d’accueillir des descendants de la famille de Le Franc de Pompignan, Clotilde et Tanguy, cousins germains ainsi qu’une descendante d’Olympe de Gouges. A 17h, dans la chapelle, Théodore E.D. Braun, professeur émérite de l’Université du Delaware (États-Unis) et membre correspondant de l’Académie de Montauban prenait la parole sur le  thème :Mensonges, calomnies, faits alternatifs : Voltaire contre Le Franc de Pompignan.       

            Dès 1735, Voltaire traite le créateur de l’Académie de Montauban comme un poète inférieur et un plagiaire, comme un idiot de village, parmi d’autres attaques malhonnêtes. Et il le fait avec un sourire satirique et plein d’humour ! Le professeur Braun, qui avait étudié les écrits de Voltaire dès 1956 à Valence (assistant d’anglais), a choisi de travailler sur l’un de ses nombreux ennemis. Le Franc était de ceux-là. D’emblée, il prend la défense de notre Montalbanais, lançant : « J’ai été bouleversé par sa valeur comme écrivain, surtout dans tous les genres de la poésie et du théâtre comme dans ses ouvrages d’histoire et de philosophie. Et j’ai compris qu’il manquait quelque chose à l’homme Voltaire : l’honnêteté et la capacité de juger ses rivaux à leur juste valeur ».

          Aidé de son co-présentateur, Claude Sicard, qui était la voix de Voltaire, Théodore E.D. Braun analyse d’abord les rapports entre les deux écrivains, puis les raisons pour lesquelles Voltaire avait choisi Le Franc comme cible privilégiée, soulignant toutefois les qualités littéraires des écrits de chacun d’eux, jugeant de « leur efficacité sur le plan du cœur comme de la générosité et de l’esprit ».

 

                                                                            1200px Alexander Dumas pe re pa r Nadar Google Art Project

 

Alexandre Dumas

Le nègre et la plume

par Marie-Paule Redon, séance du 7 mai 2018

Pour visionner le diaporama : cliquer

     Marie-Paule Redon a présenté une conférence conçue sur un mode anecdotique " afin de donner au corps du texte une forme vivante, animée par une projection des figures évoquées ". Cette intervention s'est produite au moment où une décision du ministère de la Culture, remplace l'expression " nègre littéraire " par " prête-plume "

GALERIE DE PORTRAITS

     Le désespoir du biographe. La conférencière propose en entrée une nouvelle d’Hubert Haddad démontrant avec humour les difficultés que peut rencontrer un biographe face à un client qui n’a aucun souvenir à lui confier. Une situation connue dans ce métier qui demande à l’écrivain beaucoup d’imagination !

     En cette veille de 8 mai, la parole est ensuite donnée au grand héros de cette époque : Charles de GAULLE… à qui, en 1928, Philippe Pétain demande d’écrire un livre sur L’Histoire du soldat à travers les âges, mission qu’il lui retira par la suite, pour la confier à un colonel plus manipulable. De Gaulle, qui avait bien avancé son manuscrit, refusa de le lui remettre ; le document fut remisé dans un tiroir. Pétain, venant d’être élu à l’Académie Française, ne se souciait plus de l’ouvrage qu’il aurait, pourtant, signé de son nom. Dix ans plus tard, le Maréchal revient sur le sujet et Charles de Gaulle refuse à nouveau répondant au Maréchal : " Il me manque désormais à la fois la plasticité et l’incognito qui seraient nécessaires pour que je laisse inscrire au crédit d’autrui ce que, en matière de Lettres et d’Histoire, je puis avoir de talent…"  La France et son armée fut finalement édité par son seul auteur…

 

          59 LPF196B Les bombardements

                                                                       Gus Bofa (Le pays de France, 30 mai 1918) : Prudence

                                                       |- T'avais bien peur de pas avoir de place que t'es là de si bon matin !...

La bataille du rire : le dessin humoristique de presse pendant la Grande Guerre

par Jacques Carral,  séance du 9 avril 2018

(Pour visionner le diaporama : cliquer)

             La séance d’avril était consacrée à une conférence de Jacques Carral, membre titulaire, sur le thème La bataille du rire : le dessin humoristique de presse pendant la Grande Guerre.  Au début du conflit, il n’était pas évident que les Français approuvent les buts de l’affrontement et en comprennent les enjeux. La première bataille à gagner était celle de l’opinion publique, d’où une question à se poser : quel a été le rôle de la presse dans le déroulement de la guerre. Le conférencier, après avoir montré l’importance de la presse écrite à la veille de la Grande Guerre, a analysé,  en illustrant largement son propos, les usages du dessin humoristique de presse durant les 51 mois de ce conflit.

            À la veille de 1914, la presse française connaît son âge d’or : la liberté dont elle dispose a été la conséquence de la loi du 29 juillet 1881 : on dénombre alors plus de cinquante quotidiens. Mais la censure de la presse est instaurée par la loi du 5 août 1914 qui interdit à celle-ci de fournir des informations à caractère militaire autres que celles divulguées par le gouvernement. Des sujets sont interdits comme l’utilisation des gaz toxiques ou les techniques du camouflage. La presse périodique illustrée parvient cependant à publier des photos du conflit. Les dessins humoristiques sont l’objet d’une surveillance particulière car leurs auteurs ont, depuis le milieu du XIXe siècle, une réputation de contestataires.

 

      La place nationale Montauban   

 Habiter la ville, habiter la terre

par Mariano Maros,  séance du 19 mars 2018

 

     "Habiter la ville, habiter la terre" : Un thème culturel qui, en 2018, a été choisi par la municipalité de Montauban. Un thème qui incite au partage, au vivre-ensemble, en harmonie avec une planète préservée, un des grands enjeux de notre temps. Un thème qui nous concerne tous.

    Depuis Ur et Babylone, la question de la Ville se tient au centre de notre civilisation. Aujourd’hui, au temps de la mondialisation, la question urbaine reste ouverte. Il était donc naturel que l’Académie de Montauban apporte sa contribution à ce thème. D’où la conférence de Mariano Marcos, membre titulaire, donnée à l’Ancien Collège, sur le thème La forme urbaine à Montauban, traitant le sujet sous de multiples facettes : la création de Montauban et sa participation à la naissance de l’urbanité moderne ; l’évolution de la ville depuis sa création, son expansion récente soulevant les problèmes de l’étalement, densité et services, coûts sociaux, économiques et écologiques

    Montauban a été créée en 1144 de par la volonté du comte de Toulouse, Alphonse-Jourdain. Son but : regrouper l’habitat, le rendre plus solide, plus efficace et plus pérenne. Montauban, ville nouvelle, possède désormais un plan cohérent au tracé orthogonal régulier élaboré à partir d’une place centrale, espace public large et ouvert, qui règle l’ordre de la ville et en représente l’essence, c’est-à-dire la fonction d’échange culturel et commercial qui règne sur la cité. Ces deux nouveautés, la place et sa fonction, seront largement reprises. La place centrale est une forme urbaine apparaissant à Montauban et devenue courante, depuis, dans notre culture. « En fondant Montauban, précise le conférencier, le comte de Toulouse arrive à fédérer des hommes et des moyens économiques et politiques pour créer une ville ».

 

 

Giordano Bruno

 

Gioradano Bruno, penser l'infini, une révolution

 

par Robert d'Artois, séance du 5 mars 2018

 

     Pour sa séance de début mars, l’Académie recevait Robert d’Artois, parrainé par Jean-Luc Nespoulous qui retraçait son riche itinéraire : études secondaires et universitaires à Toulouse, professeur de philosophie à Toulouse et Montauban. Il entre  en 1977 dans le corps des Inspecteurs de la Jeunesse et des Sports (il  sera  directeur régional, directeur départemental, secrétaire général de l’INSEP, directeur du Cadre Noir de Saumur, qu’il fait  inscrire par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l’humanité). Le président de l’Académie évoquait ensuite ses violons d’Ingres : la musique, son bénévolat associatif (Confluences, l’AMOPA de T & G, Pôle d’Action Culturelle Equestre  avec Alexis Gruss). Et de terminer : « Vous êtes un passeur passionné, généreux, ambitieux, mais modeste. En réalité, vous êtes un « pontife » (au sens étymologique du terme : faiseur de ponts) et désormais vous entrez dans le grand manège de l’Académie. Bienvenue ».

     Puis, selon le rite académique, Robert d’Artois faisait l’éloge de son prédécesseur au 11ème fauteuil, soulignant la personnalité et le sens du devoir du préfet Jean Keller. C’est d’une manière inédite que cet hommage est prononcé, car exploitant l’immortalité postulée des académiciens c’est sous la forme d’une lettre qu’il lui adresse.  Ce qui lui permet d’évoquer, redonnant corps au personnage, et le rendant présent aux yeux du public, à la fois l’itinéraire professionnel du Préfet, son implication à l’Académie dont il fut Président, son attachement familial et son ancrage dans le Quercy. Le regard porté sur ses centres d’intérêt : Moyen Âge, équitation, natation, bibliophilie, musique qu’ils ont en commun, permet, avec humour, de mettre à jour la pertinence du choix des académiciens pour l’avoir assis au 11ième fauteuil. C’est en souhaitant « une éternité heureuse » à son prédécesseur que se termine cette lettre d’hommage.

 

 

                                                                          03 Statue de Gtenberg sur la place ponyme compresse

                                                                    (statue de Gutemberg par David d'Angers, Strasbourg) 

« Sainte-Odile, le docteur Albert Schweitzer et bien d’autres : ces Strasbourgeois qui ont forgé le renom de l’Alsace »par Christian Stierlé, séance du 5 février 2018 

 Diaporama  Ces Strasbourgeois .... 

          Le lundi 5 février, Christian Stierlé, secrétaire des séances et archiviste de l’Académie, a présenté une communication sur les personnalités strasbourgeoises qui, au fil des siècles, ont marqué l’Alsace de leur empreinte. Qu’ils soient écrivains, hommes de science et d’esprit, religieux, artistes, résistants, hommes politiques, musiciens, chefs cuisiniers, etc., tous se sont distingués au point de forger l’identité et le destin de leur patrie. Ils ont brillé par leur dévouement, leur fidélité au développement et à la défense des intérêts de l’Alsace. Ils peuvent donc être considérés comme des "héros" qui ont porté les rêves des Strasbourgeois. Outre les deux personnalités citées en titre, le conférencier louait les mérites du Pape Léon IX, du précurseur de l’imprimerie Gutenberg, du grand soldat tacticien Jean-Baptiste Kléber, du père de la "chirurgie propre" Eugène Koeberlé, des pionniers de l’automobile Bugatti et Mathis, de l’artiste à la double culture Hans-Jean Arp, du leader politique Pierre Pfimlin, de l’écrivain régionaliste André Weckmann, du caricaturiste "Tomi" Ungerer et du chef cuisinier Guy-Pierre Baumann.

 

 LUCRECE2 compres

Lucrèce, un poète à la philosophie humaniste pour temps de crise

par Madeleine Carenco, séance du 8 janvier 2018

      Pour la première séance de cette année 2018, l’Académie recevait Madame Madeleine Carenco, parrainée par Jacques Carral qui a retracé son itinéraire autour de l’excellence républicaine et  sa vocation déterminée pour le partage et la transmission des savoirs, mobilisant pour ce faire tout un arsenal d’inventivité pédagogique efficiente et reconnue.

     Dans sa réponse, elle a tenu à exprimer toute sa gratitude pour ceux qui l’avaient comprise et appuyée dans sa dynamique : « on ne grandit pas tout seul », dit- elle pour marquer sa reconnaissance à leur égard.

      Puis, selon le rite académique, faisant l’éloge de son prédécesseur au 5ième fauteuil, elle souligne la personnalité et l’originalité du docteur André Serres, conférencier érudit et éloquent. Titulaire d’une chaire d’histo-embryologie, licencié en psychologie et psychophysiologie, mais aussi passionné d’architecture romane, par l’histoire locale et celle du protestantisme, cet esprit aux multiples facettes portait toujours haut la dimension humaniste dans son travail comme dans ses recherches

     La conférence de Madeleine Carenco nous emporte ensuite, par son enthousiasme communicatif et la limpidité de son propos, vers une découverte structurée et éclairante du De rerum natura de Lucrèce.

 

 

Jacques Offenbach

 

 Jacques Offenbach (1819-1880), le rire au Second Empire

par Christiane Vallespir et Jean Luiggi, séance du 17 décembre 2017 

 

diaporama Offenbach 

          L’Académie a tenu sa séance solennelle 2017 au Théâtre Olympe-de-Gouges le dimanche 17 décembre. En préambule à cette manifestation, les académiciens ont été reçus dans les salons de l’hôtel de ville. Représentant Mme le maire, M. Thierry Deville, adjoint, a prononcé les mots de bienvenue, saluant particulièrement les quatre nouveaux membres titulaires élus en 2017. Au nom de l’Académie, son président, Philippe Bécade, a rappelé les excellents rapports entre la Ville et l’Académie et offert notre dernière publication qui est un hommage aux Poilus de Tarn-et-Garonne.

          La séance, ouverte à quinze heures, devant un auditoire très nombreux, a été l’occasion, pour Christiane Vallespir et Jean Luiggi de nous offrir un excellent moment de culture dans la joie, avec une mise en scène - dans tous les sens du terme - des meilleurs morceaux de l’oeuvre de Jacques Offenbach. En introduction, Philippe Bécade, président sortant, a présenté le bilan d’activité 2017 de l’Académie en rappelant en particulier la venue de Philippe Labro et le colloque interacadémiquesur l’Axe Garonne. Pierre Besnard, préfet de Tarn-et-Garonne puis Thierry Deville sont ensuite intervenus brièvement, ce dernier nous faisant part de ses réflexions, en guise d’entrée en matière, sur le thème du rire, en s’appuyant sur les théories du philosophe Bergson.

 

Saga Charlemagne

      La saga de Charlemagne, éditée par Daniel Lacroix    

 Les relations culturelles en Europe au XIIIe siècle

par Daniel Lacroix, séance du 6 novembre 2017  

             Le 6 novembre, l’Académie accueillait M. Daniel Lacroix, président de l’Université Toulouse Jean-Jaurès, membre associé, qui a entretenu le public sur le thème « Les relations culturelles en Europe au XIIIe siècle ». Agrégé de lettres classiques, il enseigne depuis 1986 à l’Université Toulouse II Le Mirail, s’intéressant particulièrement aux littératures médiévales.

            D’emblée, le conférencier met l’accent sur les nombreux échanges qui s’opèrent aux XIIe et XIIIe siècles, depuis la France jusqu’à la Norvège et la Finlande en passant par l’Angleterre. Ils concernent pour l’essentiel la littérature médiévale, de la Chanson de Roland à François Villon. Dans un long préambule, il est rappelé ce qu’a été la politique des Plantagenêt d’Angleterre au XIIIe siècle ainsi que l’importance prise par certains auteurs dont Marie de France, première poétesse française qui vécut à la Cour d’Angleterre, avec son Lai du chèvrefeuille qui évoque le message poétique laissé par Tristan à Yseut. La littérature est sensible au mythe de Charlemagne ainsi qu’aux modèles provenant de l’Antiquité tardive. De toute évidence, les trois piliers de l’époque restent la littérature bretonne, le goût de l’Antiquité et un modèle politique représenté par Charlemagne et sa Cour.

 

Photo DDMC.L. la Dpche 20 10 2017

COLLOQUE INTERACADÉMIQUE MONTAUBAN,  le 19 octobre 2017

            Le thème choisi était : « L’axe Garonne, la terre et les hommes », permettant un échange fructueux entre les académies de Bordeaux, Montauban et Toulouse. Plusieurs communications ont été prononcées, devant une assistance nombreuse, dans le cadre très apprécié de l’Ancien Collège et son parement de briques roses. L’ouverture du colloque permettait au président de l’Académie de Montauban, M. Philippe BÉCADE, de mettre l’accent sur l’histoire de notre ville depuis sa création (1144) par le comte de Toulouse, Alphonse-Jourdain, jusqu’à nos jours, rappelant au passage quelques épisodes marquants tels les guerres de Religion, la fondation de notre académie par Jean-Jacques Le Franc de Pompignan en 1744, suite aux lettres patentes, la création tardive (1808) du département de Tarn-et-Garonne par Napoléon de passage à Montauban sur la route d’Espagne. Il expliquait ensuite ce qu’est exactement une académie et le rôle qu’elle doit jouer dans la société d’aujourd’hui.

           La parole était donnée au maire-adjoint à la culture, M. Alain CRIVELLA. qui axait son discours sur le fait linguistique et l’importance de la langue occitane tout au long de la vallée de la Garonne, depuis le val d’Aran, en Espagne, jusqu’à l’embouchure, dans la région bordelaise.  Ce fut ensuite l’allocution de madame Dominique SALOMON, vice-présidente de la région Occitanie, en charge de la culture, qui réaffirmait l’attachement du Conseil Régional au fait culturel et soulignait l’intérêt du thème retenu.

 

            

  Luiggi Pirandello 2     Dario Fo   

                                  Luiggi Pirandello                                                                                          Dario FO

 Le rire dans la littérature italienne,

approche de l’autodérision chez quelques grands auteurs, de Boccace à Dario Fo

par Pierre Marillaud, séance du 2 octobre 2017

 

           À l’occasion de sa rentrée, l’Académie recevait Monsieur Pierre Marillaud, docteur ès-sciences du langage, inspecteur d’Académie honoraire et chercheur associé au laboratoire Médiations sémiotiques de l’Université Jean-Jaurès de Toulouse. Après une allocution de bienvenue du président Philippe Bécade, le nouvel élu au 21ème fauteuil, faisait l’éloge de son prédécesseur, Jacques Gabach, retraçant sa vie et sa carrière de commerçant à Montauban, juge au Tribunal de Commerce et magistrat consulaire.

            Il revenait à Monsieur Pierre Marillaud de prononcer une conférence sur le thème « Une approche du rire dans la littérature italienne ». L’humour italien doit sans doute beaucoup à l’italum acetum dont parle Horace (Satires 1-7-32). S’il est un genre où les Latins ne sont pas inférieurs aux Grecs, c’est bien celui de la satire. Sept exemples de l’autodérision chez quelques grands auteurs italiens devaient illustrer son propos.

            « Le rire est le propre de l’homme » : chacun connaît l’adage de Rabelais placé en épilogue de son Gargantua. D’Aristote à Bergson en passant par Quintilien et Dominique Fernandez, le rire est un phénomène universel qu’écrivains et philosophes ont su exploiter dans leurs œuvres.